Informations avant cure chirurgicale de varice

Madame, Monsieur,

Vous allez subir prochainement une cure de varices. Voici quelques informations en complément à celles reçues lors de l’entretien au cabinet.

Indication à l'opération

La solution chirurgicale est proposée lorsque le bilan angiologique avec échodoppler a prouvé une altération importante des valves provoquant un reflux, donc une circulation à contre-courant dans les veines de la jambe. Le stripping ( ablation de la veine principale ) est motivé en cas de dilatation anormale de la veine et de reflux au niveau de la valve principale.

Cette solution chirurgicale est actuellement uniquement indiquée pour les cas où le traitement endo-veineux par laser est impossible techniquement.

Solution de rechange

Chez les patients très âgés ou refusant l’opération, ou chez lesquels un acte chirurgical est impossible, on peut proposer le port permanent de bas élastiques ou un traitement par sclérothérapie à la mousse.

Eléments importants pour la guérison

Une mobilisation précoce vous sera demandée, pour éviter le risque de phlébite et de thrombose. A cela s’ajoutera un anticoagulant dès 4 heures après l’opération pour une durée de quelques jours ( variable selon les cas ). La mobilisation est importante après le retour à domicile. Toutefois, la position debout statique ou assise jambes en bas est déconseillée durant un mois. La marche a un effet bénéfique, puisque l’action musculaire facilite le retour veineux.

Le port de bas à varices est nécessaire après un stripping, pour une durée de 4 à 6 semaines, pour habituer le sang à passer par le réseau profond.

La douche est possible dès 48 heures après l’intervention. Les stéristrips utilisés sont étanches. Sur les hématomes, fréquents dans ce type de chirurgie, vous pourrez appliquer une pommade dès cicatrisation complète.

Déroulement de l'opération

Un marquage très précis s'effectue la veille sous contrôle échographique et permet de réduire les cicatrices. L'opération s’effectue soit sous anesthésie générale soit sous anesthésie locale, selon les cas. On effectue la crossectomie ( ligature au niveau de l’aine de la veine saphène au ras de la veine fémorale et ligature de toutes les collatérales ), les phlébectomies ( excision complète des varices ) au crochet par des microincisions et le stripping en dernier, suivi d’un pansement compressif. Les microincisions sont refermées par des Stéristrips uniquement.

Risques

Ce sont ceux de toute opération chirurgicale, à savoir l’infection, l’hémorragie et les phlébites , thromboses et embolies pulmonaires.

La prévention consiste en une épilation la veille, une désinfection soignée de la peau, une technique chirurgicale méticuleuse, une mobilisation précoce et une anticoagulation.

Un risque particulier au stripping est la lésion au passage du nerf saphène qui chemine à côté de la veine. L’éloignement du nerf par une dissection soigneuse permet d’éviter cet écueil désagréable. La lésion de ce nerf saphène interne provoque des sensations désagréables ou des troubles de la sensibilité au bas de la jambe et sur le coup de pied, mais sans trouble de la motricité. La régénération peut durer quelques semaines. La déchirure complète peut provoquer une anesthésie d’un territoire.

En cas d’opération sur la veine saphène externe ( derrière le genou ), il existe un risque de lésion du nerf saphène externe, qui peut provoquer des sensations désagréables sur le mollet et la face externe du pied, des fourmillements ou une impossibilité de relever le pied et les orteils.

Enfin, la tendance aux chéloïdes ( cicatrices hypertrophiques ) est fréquent chez les enfants et les sujets à peau foncée ou noire. On peut diminuer cette tendance par des massages avec des pommades ou des infiltrations de cortisone.

Chances de succès

Si l’examen clinique et angiologique ont clairement démontré la cause des varices, si la technique chirurgicale a été rigoureuse, les chances de succès sont excellentes. Les récidives sont dues le plus souvent à des crossectomies insuffisantes ( oubli de ligaturer certaines collatérales ) et à des perforantes oubliées. Dans certains cas, une reperméablisation s’effectue, avec apparition de nouveaux réseaux variqueux. Ceux-ci peuvent être traités généralement par sclérothérapie.

Le meilleur résultat esthétique sera obtenu dans les cas où les phlébectomies n’ont pas été trop nombreuses. Le tabac, par une diminution de l’oxygénation des tissus, a une mauvaise influence sur la cicatrisation. Il a d’ailleurs une action néfaste sur les vaisseaux, veineux ou artériels.

Il ne faut pas oublier que chaque jambe comporte deux veines pouvant développer potentiellement des varices, donc quatre territoires en tout ( deux saphènes internes et deux saphènes externes. ) La réapparition de varices dans un autre territoire est toujours possible dans les années à venir, raison pour laquelle un suivi est souhaitable.

Pour les veines trop fines pour être enlevées chirurgicalement, on peut effectuer une sclérothérapie complémentaire. Il s’agit d’injecter un produit irritant dans les vaisseaux, qui aboutit à leur obturation et leur disparition.

Lieu d'intervention: Clinique de Genolier. A noter que la Clinique a inauguré en 2011 un nouveau bloc opératoire à la pointe des nouvelles technologies. Pour plus de renseignements, consulter le site de la Clinique: www.cdg.ch

Janvier 2019